LE CRIEUR PUBLIC DE BAZAS
Remis au goût du jour dans un roman de Fred Vargas récemment porté à l'écran « pars vite, et reviens tard », le métier oublié de crieur public se révèle paradoxalement moderne comme une alternative médiatique locale à la sur-information contemporaine.
Ancêtre du journaliste, le crieur public recueille les messages laissés à son intention par la population d'une localité donnée, puis en fait une lecture publique et commentée.
Petites annonces, informations, astuces ou poésie, chacun peut, à travers ses messages, se ré-approprier la parole publique.
Le crieur public, par sa proximité, interpelle un public. Alors que la multiplication des « blogs » démontre s'il en est besoin la nécessité vitale de s'adresser à ses contemporains, le crieur public lui donne une dimension locale, conviviale et spectaculaire.
La Compagnie Gargantua, persuadée que la parole et le geste sont essentiels pour se rencontrer, propose le crieur public de Bazas, tous les samedis matins, jour de marché, de 10h à midi passé. Le crieur public de Bazas se délocalise sur commande, pour animer marchés, soirées, festivals, mariages, enterrements festifs ;) etc ...
special thanks pour Sandrine aux costumes, Lucien Arlaud pour la belle carte postale et Mr Sushisooshamp pour la bande son, big up !
Le best of des criées publiques de Bazas
Coups de coeurs
"A la belle coiffeuse de la boulangerie, de la part d'une voisine adorable aimant les petits choux à la creme. Je t'embrasse."
"J'adore les tartes tatins de ma mêre, mmmh !!! Lucas."
"Jean, mon chevalier, je t'attends devant les portes de la cathédrale pour porter le panier de courses."
"Françoise et David vous annoncent leur décision de démarer une cohabitation franco/anglaise, pour le meilleur, et pour le pire."
"aimons nous vivants."
"Isa, sur notre cahier, nous écrirons encore longtemps, si tu veux bien ..."
"Les trésors du monde sont au creux de nos mains, dans les sillons qui forgent notre caractère. Henri."
"Un an, mes soleils, que vous êtes parmi nous et que vous illuminez quotidiennement notre vie. Je vous le dis tous les jours tout bas, mais aujourd'hui, je vous le fais crier : je vous aime très fort mes trésors !"
"Marie de la brioche offre ses doux services lorsque Charlie est au tennis !" Marie Pay'tatong
Coups de gueules.
"fin des vacances, début de l'école..."
"le saviez vous ? La Caisse Nationnale d'Assurance Veilleisse est dans le rouge depuis 2003. En 2006, elle à du emprumpter 2,4 milliards d'euro pour payer les retraites du privé. En 2007, elle va devoir emprumpter 3,5 milliards de plus. Bonne journée, et bonne retraite."
"403,46 hectares de mais OGM monsanto à St Symphorien. Fait chier !"
"y'en a marre des embrouilles à Bazas, merde !"
"Je suis mécontente d'une certaine faune à Bazas, qui vole, entre autre, le pain déposé devant la porte d'une maison."
"Aller, hop ! Un petit bouquet de galères, la fabrique à exclusion tourne au max. Murielle."
"A propos de la France-Afrique : Français déçus et honteux cherche pays chaud et si possible pas trop rancunier ..."
"Les gens disent qu'il a mauvaise haleine ... ce sont eux les mauvaise langues !"
L'agenda crié
Annonces criées
"le nouveau C4 picasso est visible à la citroën de Bazas, tel pour essais au 05 56 ..."
"donne caton femelle, 2 mois, voir Corentin à la terrasse du café St Jean."
" le charcutier devant la cathédrale fait la botte de persil à 1 euros."
"les meilleures pizzas d'Ambarés sont à l'île d'Elbe."
Cris pratiques
"C'est le moment de faire du purin d'orties. Laissez mascérer 10 Kg d'orties fraîches pendants 8 jours en remuant deux fois par jours. Filtrer le mélange obtenu et le diluer 6 fois pour de l'arrosage, 10 fois pour la pulvérisation. C'est un excellent engrais naturel. "
"pour des tomates bio sans mildiou en fin de saisons, c'est soit la bouillie bordelaise qui contient du cuivre, soit un fil de cuivre passé de part en part du pied, à sa base."
Le coin du poete
"Si tu est le cinquième, demi tour, le dernier, t'en souviendras-tu la nuit passée ... signé R1"
"le bonheur est dans la ville,/ si tu joue face, c'est pile, / car c'est toujours à qui perds gagne que le soleil annonce la fin du bagne. Chantal."
"J'enterrerais vivants tous ceux qui croient en moi ... je baiserais les pieds de ceux qui me mettent en doute...signé le Thomas Magnum de ton jardin."
Du coq à l'ane
Quand le crieur sait pas où les mettre, c'est soit le coq, soit l'âne !
"mon cul."
"votez coluche !"
"Et sinon ... on bouffe toutes les salades du jardin, et on s'en fout !!!"
L'horloge criée
La météo criée
la météo du week end, quant au lundi au soleil, c'est une chose qu'on aura jamais, à chaque fois c'est pareil.
Le polar du marché
Tous les samedis matin un extrait de polar différent, entres autres :
"Sans le savoir, Fred vérifiait un théorème universel, qu'il se formula en ces termes : dés qu'un con essiae d'allumer un feu quelque part, il y en a quatre autres pour lui expliquer comment s'y prendre."Tonito Benacquista, Malavita.
"La seconde est une définition que j'ai trouvé dans un manuel d'agronomie. Elle m'a permis de rectifier ma façon de penser, si tant est que je pensais, à l'époque. Auparavant, tout ce que voyais me paraissait blanc ou noir, bon ou mauvais. Mais là, j'ai appris que le nom que l'on attribue à une chose dépends de l'endroit où on est placé et de celui ou la chose elle même se trouve... D'ailleurs, voici la définition, tirée d'un manuel d'agronomie : "Une mauvaise herbe est une herbe qui n'est pas à sa place." Permettez moi de le redire encore : "Une mauvaise herbe est une herbe qui n'est pas à sa place." Je trouve un coquelicot dans un champ de blé, c'est une mauvaise herbe. Je trouve un coquelicot dans mon jardin, c'est une fleur... Vous etes dans mon jardin monsieur Ford. Alors je lui ai tout raconté; il m'écoutait en hochant la tête, en chiquant et en conduisant." Jim Thompson, Le démon dans ma peau.
"Par ma naissance, je suis fils de pauvres, et pauvre de père en fils, mais , tout comme les aristocrates, le travail m'est une répugnance. Au lieu de cela, je voyage, je dors dans l'herbe, je lis en me berçant dans un hamac, je fais l'amour, j'écoute, je parle." Alexandre Dumal, Je m'appelle reviens.
La presse et les commentaires.
"Si j'avais su, mon persil, je l'aurais fait à 2 euros, tout est partis d'un coup." le charcutier devant la cathédrale.
"... quand j'étais gamin, c'était le cantonnier qui faisait ça ..." Dr Paul Marquette, maire de Bazas.
"vous devriez faire ça à Paris, ça marcherait." Une touriste parisienne.
" Il est complètement branque celui là, à crier ses conneries tous les samedis matin..." la marchande des quatre saisons du coin du marché.
"Tu met un message dans la boite, et lui, il va le crier sur le marché ..." Régis, patron du café de Bazas.